Aller au contenu. | Aller à la navigation

Navigation

Navigation
Menu de navigation
Actions sur le document
Vous êtes ici : Accueil / Loisirs / Tourisme & Folklore / La coupure des Albronnes

La coupure des Albronnes

La coupure : son historique, sa faune et sa flore


Une coupure est un bras mort d’un fleuve ou d’un cours d'eau, qui a été créé par l'homme, en particulier dans le cas de l'Escaut. Ces coupures sont souvent le résultat de travaux humains visant à modifier le cours naturel du fleuve, généralement pour faciliter la navigation ou contrôler les inondations.
Dans le cas de l'Escaut, un fleuve qui fait naturellement des méandres, ces derniers finissent par se déconnecter du lit principal, formant ainsi des bras morts qui peuvent être plus ou moins reliés au fleuve. Ce phénomène peut prendre plusieurs décennies, voire des siècles. Cependant, les modifications humaines de l'Escaut ont accéléré ce processus, notamment par le biais de grands travaux qui ont supprimé certains de ces méandres, créant ainsi des « coupures ». Le terme « coupure » fait donc référence à ce processus où le fleuve est « coupé » de son lit principal.
Certaines de ces coupures ont été remblayées, mais d’autres restent visibles et jouent un rôle important pour la biodiversité dans la vallée de l'Escaut, créant des habitats propices à diverses espèces animales et végétales.
Aujourd'hui, on compte 13 coupures en eau le long de l'Escaut, réparties entre la Wallonie et la Flandre. Parmi les coupures notables, on trouve :

 

  • En amont de Tournai : la coupure de Bléharies (transfrontalière avec la France), la coupure de Hollain, la coupure Parent, la coupure de Bruyelles, et une coupure sans nom à Antoing.
  • En aval de Tournai : la coupure Passy (ou de Froyennes), la coupure de Ramegnies-Chin (ou du bowling), la coupure de Léaucourt, la coupure Hazard, la coupure des Albronnes, le trou de Pecq. Sur la rive gauche de l'Escaut, on trouve une grande coupure sans nom et la coupure Deweers près d'Avelgem, marquant la frontière linguistique avec la Flandre.
  • En Flandre, il existe une cinquantaine de coupures jusqu’à Gand.
  • Ces coupures ont un impact important sur l'écosystème local et sont des éléments à prendre en compte dans les politiques de gestion de l'eau et de la biodiversité.

 

La Coupure des Albronnes

 

Caractéristiques physiques

 

  • Longueur : environ 465 m
  • Largeur moyenne : 36 m (plus grande largeur : 56 m)
  • Profondeur moyenne : 1,42 m
  • Profondeur maximale : 2,45 m


La Coupure des Albronnes mesure environ 465 mètres de long, avec une largeur moyenne de 36 mètres, et une profondeur moyenne de 1,42 m. Sa profondeur maximale atteint 2,45 m. L’alimentation en eau de la coupure provient d’une buse connectée à l’Escaut, ainsi que de la nappe phréatique et des eaux de pluie.


Intérêts écologiques


Bien que la majeure partie des berges de la Coupure des Albronnes ait été aménagée avec des palplanches et soit équipée pour diverses activités de loisirs, elle abrite une grande diversité d’espèces animales et végétales.
La partie sud de la coupure présente des berges naturelles, où se développe notamment une roselière, qui attire des espèces telles que la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), et le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus). Le Grèbe huppé (Podiceps cristatus) niche régulièrement en bordure de cette roselière, et on peut facilement observer sa parade nuptiale ainsi que les petits transportés sur le dos des adultes. Son cousin, le Petit Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), plus discret, fréquente également ces lieux.
Les foulques macroules (Fulica atra) et poules d'eau (Gallinula chloropus) sont les espèces les plus communes, accompagnées des canards colverts (Anas platyrhynchos). Le Martin-pêcheur (Alcedo atthis) effectue des passages rapides sur la coupure pour se nourrir.
De nombreuses espèces de poissons habitent la coupure, telles que le Gardon (Rutilus rutilus), la Brême commune (Abramis brama), le Carassin commun (Carassius carassius), la Grémille (Gymnocephalus cernua), la Tanche (Tinca tinca), la Perche commune (Perca fluviatilis), l’Anguille (Anguilla anguilla), et le Sandre (Sander lucioperca). La Loche de rivière ou Loche épineuse (Cobitis taenia), plus rare, vit sur le fond. En tout, ce sont 16 espèces de poissons qui ont été recensées.
Les herbiers aquatiques qui se développent dans la coupure créent des habitats favorables à de nombreuses espèces de poissons, mais aussi aux libellules, très nombreuses dans la zone. Vous y croiserez des demoiselles, comme l'Agrion élégant (Ischnura elegans), ou des libellules plus grandes comme l'Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum).
Si vous jetez un œil sous les pontons de pêche, vous pourrez découvrir les coquilles de moules d’eau douce (naïades), assez nombreuses dans la coupure. Ces coquilles sont les restes du repas du rat musqué (Ondatra zibethicus), qui se nourrit des moules.
Enfin, la coupure accueille des crustacés tels que l'écrevisse américaine (Orconectes limosus) et le crabe chinois à mitaine (Eriocheir sinensis). Ces deux espèces invasives, ainsi que le Gobie à taches noires (Neogobius melanostomus), également présent, peuvent poser des problèmes aux autres espèces en raison de la compétition ou de l’introduction de maladies.
Les principales plantes retrouvées autour de la coupure sont la Salicaire commune (Lythrum salicaria), l'Iris des marais (Iris pseudacorus), l'Épilobe hirsute (Epilobium hirsutum), la Scrofulaire aquatique (Scrophularia auriculata), le Phragmite (Phragmites australis), souvent appelé roseau, et la Scutellaire toque (Scutellaria galericulata), peu fréquente. Le très grand Laiteron des marais (Sonchus palustris), plante protégée, y est particulièrement abondant. Cette plante, autrefois rare, a reconquis les berges de l'Escaut après un fauchage tardif avant de coloniser les coupures. Enfin, le saule blanc et l'Aulne glutineux sont les principaux arbres présents autour de la coupure.

Des boudins végétalisés pour les berges

 

Afin de renforcer l’intérêt écologique des berges aménagées, des fascines de toile de jute et de fibres de coco, en forme de boudins, ont été installées sur certaines parties de la coupure. Ces boudins, dans lesquels ont été plantées des espèces végétales de berge, créent également des zones d'entrée et de sortie pour les amphibiens, comme les grenouilles vertes, très présentes, ainsi que des zones de cache pour les alevins.