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La coupure Hazard

La coupure : son historique, sa faune et sa flore


Une coupure est un bras mort d’un fleuve ou d’un cours d'eau, qui a été créé par l'homme, en particulier dans le cas de l'Escaut. Ces coupures sont souvent le résultat de travaux humains visant à modifier le cours naturel du fleuve, généralement pour faciliter la navigation ou contrôler les inondations.
Dans le cas de l'Escaut, un fleuve qui fait naturellement des méandres, ces derniers finissent par se déconnecter du lit principal, formant ainsi des bras morts qui peuvent être plus ou moins reliés au fleuve. Ce phénomène peut prendre plusieurs décennies, voire des siècles. Cependant, les modifications humaines de l'Escaut ont accéléré ce processus, notamment par le biais de grands travaux qui ont supprimé certains de ces méandres, créant ainsi des « coupures ». Le terme « coupure » fait donc référence à ce processus où le fleuve est « coupé » de son lit principal.
Certaines de ces coupures ont été remblayées, mais d’autres restent visibles et jouent un rôle important pour la biodiversité dans la vallée de l'Escaut, créant des habitats propices à diverses espèces animales et végétales.
Aujourd'hui, on compte 13 coupures en eau le long de l'Escaut, réparties entre la Wallonie et la Flandre. Parmi les coupures notables, on trouve :

 

  • En amont de Tournai : la coupure de Bléharies (transfrontalière avec la France), la coupure de Hollain, la coupure Parent, la coupure de Bruyelles, et une coupure sans nom à Antoing.
  • En aval de Tournai : la coupure Passy (ou de Froyennes), la coupure de Ramegnies-Chin (ou du bowling), la coupure de Léaucourt, la coupure Hazard, la coupure des Albronnes, le trou de Pecq. Sur la rive gauche de l'Escaut, on trouve une grande coupure sans nom et la coupure Deweers près d'Avelgem, marquant la frontière linguistique avec la Flandre.
  • En Flandre, il existe une cinquantaine de coupures jusqu’à Gand.
  • Ces coupures ont un impact important sur l'écosystème local et sont des éléments à prendre en compte dans les politiques de gestion de l'eau et de la biodiversité.

 

La zone Natura 2000 d'Esquelmes fait partie du site Natura 2000 "Vallée de l'Escaut en aval de Tournai" (BE32002). Ce site englobe une diversité de milieux naturels, situés entre Tournai et Esquelmes, tels que les coupures Hazard, de Léaucourt, ainsi que certaines zones du marais de l'Escaut entre Hérinnes et Pottes.
Autour du plan d’eau de la Coupure Hazard, on trouve des roselières, de vastes prairies humides entrecoupées de fossés, ainsi que quelques alignements de vieux saules têtards. Ces milieux, aujourd’hui en raréfaction, offrent des conditions favorables à la reproduction de nombreuses espèces, notamment la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus), le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), la Chevêche d'Athéna, ainsi qu’à l’hivernage de la Bécassine des marais (Gallinago gallinago) et de la Grande Aigrette (Ardea alba), de plus en plus présente dans la vallée.

Natura 2000 en 2 mots


Natura 2000 est un réseau européen de milieux naturels et semi-naturels qui possèdent une grande valeur écologique. Ce réseau vise à maintenir la diversité biologique des milieux tout en prenant en compte les exigences économiques, sociales, culturelles et régionales, dans une logique de développement durable. Il constitue la mise en œuvre des Directives européennes "Oiseaux" (79/409/CEE) et "Habitats" (92/43/CEE), qui ont pour objectif de protéger la faune, la flore et les habitats naturels d'importance européenne.

La Coupure Hazard


Caractéristiques physiques


•    Longueur : environ 360 m
•    Largeur moyenne : 33 m (plus grande largeur : 40 m)
•    Profondeur moyenne : 1 m
•    Profondeur maximale : 1,90 m

La Coupure Hazard mesure environ 360 mètres de long, avec une profondeur moyenne de 1 mètre, mais la profondeur maximale atteint 1,90 m dans sa partie sud. À la suite de travaux de désenvasement, la coupure présente un profil en escalier. La partie proche de l’Escaut est moins profonde, ce qui compliquait l’accès de la grue lors des travaux.
L'alimentation en eau de la coupure se fait principalement par une buse connectée à l'Escaut, par les eaux de pluie et par la nappe phréatique de l'Escaut.


Intérêts écologiques


Bien que le niveau d’eau de la coupure soit lié à l'Escaut, elle fonctionne en réalité comme un étang fermé. On y trouve une douzaine d’espèces de poissons, dont le Gardon (Rutilus rutilus), la Brême commune (Abramis brama), le Carassin commun (Carassius carassius), la Grémille (Gymnocephalus cernua), la Tanche (Tinca tinca), la Perche commune (Perca fluviatilis) et la Carpe (Cyprinus carpio). Ces poissons, relativement nombreux, contribuent à la turbidité de l'eau en remuant la vase du fond pour se nourrir.
Des anguilles (Anguilla anguilla) habitent également la coupure, trouvant refuge dans les berges boisées. Le brochet (Esox lucius), un super prédateur, y réside aussi.
Une écrevisse originaire d’Amérique, l’Orconectes limosus, est également présente dans la coupure.
La zone est riche en libellules, avec une grande diversité de demoiselles, certaines aux couleurs bleutées comme l’Agrion jouvencelle (Coenagrion puella), la Naïade aux yeux rouges (Erythromma najas) et l’Agrion élégant (Ischnura elegans), d’autres aux teintes métalliques comme le Leste vert (Chalcolestes viridis) ou d'un rouge intense comme le Sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum), notamment observables à l'automne.
Le Castor européen (Castor fiber), présent sur le bassin de l’Escaut, passe régulièrement sur la coupure pour se nourrir, comme en témoignent les arbres et branches écorcés.
Enfin, la coupure constitue une zone propice à l’accueil des oiseaux d’eau. Des Poules d’eau (Gallinula chloropus), foulques (Fulica atra) et canards colverts (Anas platyrhynchos) y nichent, tandis que des hérons (Ardea cinerea) et cormorans (Phalacrocorax carbo) viennent s’y nourrir, tout comme le Martin-pêcheur (Alcedo atthis), régulièrement observé.
Autour de la coupure, un cordon boisé borde l’Escaut, dominé par l’Aulne glutineux, avec différentes espèces de saules et quelques sureaux noirs.
Entre la coupure et l’Escaut, on trouve des plantes protégées, notamment l’Epipactis à larges feuilles (Epipactis helleborine), une orchidée, et la Guimauve officinale (Althaea officinalis).
En rive gauche, la diversité des plantes de berge est particulièrement élevée, surpassant celle des autres coupures de la commune. Outre les espèces classiques comme l’Iris des marais (Iris pseudacorus), l’Épilobe hirsute (Epilobium hirsutum), la Salicaire commune (Lythrum salicaria), l’Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), la Scrofulaire aquatique (Scrophularia auriculata), et le Laiteron des marais (Sonchus palustris) désormais abondant, on y observe également le Rubanier rameux (Sparganium erectum), l’Acore odorant (Acorus calamus), la Massette à feuilles étroites (Typha angustifolia), ainsi que diverses espèces de joncs (Juncus inflexus, Juncus compressus) et de laîches (Carex riparia, Carex otrubae, Carex paniculata, Carex pseudocyperus).